Le beau métier du cinéma

The beautiful profession of cinema

Meet Nora Poggi, French director and producer of the acclaimed documentary She Started It. Let’s explore her cinephile roots, how she broke into the US film industry, and what it’s like making documentary films in the genre’s golden age.
[00:10] - Michelle

Hey guys! You’re listening to the bilingual French-English Naked French Podcast. We chat to French people about life, love, and all the stuff in between. You can also get the transcript free at our website at nakedfrench.co. 

I’m Michelle, the creator of Naked French and I’m joined today by our host, Shade.

[00:33] - Michelle

Today, we’ve got a special guest! Nora Poggi is a filmmaker, writer, and impact producer. You may have heard of her award-winning documentary, She Started It, which follows the lives of female entrepreneurs. 

Nora’s going to tell us about what it’s like to be an independent filmmaker, how she’s adjusted to life in the USA, and how storytelling can help change the world. 

[00:51] - Shade

Bonjour Nora, bienvenue au Naked French Podcast, on est super heureuses de t'avoir ici aujourd'hui pour parler un peu de ta vie.

 

[00:59] - Nora

Salut, merci beaucoup de m'avoir invitée.

 

[01:03] - Nora

Alors, on va commencer au tout début. Où est-ce que tu as grandi en France et comment est-ce que tu as grandi dans une grande ville ou à la campagne ? Est-ce que tu as des frères et des sœurs ?

 

[01:14] - Nora

Oui, j'ai grandi dans le onzième arrondissement, à Paris, près de Ménilmontant, et j'ai quatre frères et sœurs. Ouais. Maintenant, je crois qu'il n’y en a plus qu'une à Paris, ma grande sœur. Les autres sont un peu éparpillés dans la France.

[01:34] - Michelle

Nora grew up in the eleventh arrondissement in Paris. She has four brothers and sisters, though most of them now live all over France. 

 

[01:43] - Shade

Et quelle sorte d'adolescente étais-tu? Est-ce que tu étais studieuse ou rebelle ? Si tu devais choisir trois mots pour te décrire à l'époque. Lesquels choisirais-tu ?

 

[01:54] - Nora

J'étais clairement studieuse parce que j'ai toujours aimé l'école et j'avais… j’étais  assez ambitieuse. Donc j'avais... je voulais absolument aller à Sciences-Po. Je voulais absolument. Donc je savais qu'il me  fallait certaines notes, certaines, etc. Mais j'étais aussi… Je me suis beaucoup amusée quand même, en tant qu'adolescente, je voyais tout le temps mes copines. Il y avait tout le temps des drames, des choses qui se passaient.

[02:20] - Nora

J'étais très curieuse. Je m'intéressais à beaucoup de choses, à aller au cinéma, tout ça. Donc je me suis quand même amusée, ce n’était pas que les devoirs. 

[02:30] - Michelle

Nora was a teenager who had big ambitions. She wanted to get into Sciences-Po, one of the best universities in France. Think French Ivy League. But she wasn’t always doing homework or reading books. She saw her friends all the time and had many interests – especially the cinema!

 

[02:48] - Nora

En fait, j'étais très intéressée par le cinéma, toujours depuis toute petite, mais c'est vraiment à l'adolescence que je me suis dit : “Ah, peut-être que je pourrais en faire mon job”. J'allais voir beaucoup de films avec ma grand-mère, qui est cinéphile. Ou alors j'allais moi-même toute seule au ciné voir des films d'art et d'essai. J'étais très curieuse de ça. Et puis je m'intéressais aussi à l'écriture de scénarios parce que je ne savais pas que c'était un métier jusqu'à ce que... j'adorais la série “Buffy contre les vampires”.

[03:15] - Michelle

Nora loved going to the cinema as a kid. Her grandma was a cinéphile – or in English - cinema lover, or movie buff. She often brought Nora along and she loved it. And yes, Nora also adored Buffy the Vampire Slayer!

[03:30] - Nora

Et au lycée, j'ai acheté les DVD ou on me les a offerts à Noël et j'ai regardé les bonus et les scénaristes racontaient comment ils faisaient la série. Et je me suis dit : “Ah, c'est un job, ça, c'est génial. Il faut absolument que je fasse quelque chose comme ça”. En fait, finalement, ça m'est passé et l'envie spécifique d'écrire des scénarios pour des séries télé. Mais à l'époque, c'est vrai que je m'intéressais beaucoup à ça et que j'ai découvert un peu une passion pour le storytelling.

[03:58] - Michelle

Nora bought all the Buffy The Vampire Slayer DVDs. In fact, it was through watching the bonus episodes where the writers talked about making the show that helped Nora realize screenwriting could be an actual real job – and that she had a passion for storytelling. 

 

[04:14] - Shade

Quels étaient tes rêves et tes espoirs en grandissant ? Quel genre de personne voulais-tu devenir ?

 

[04:21] - Nora

Ah ben oui, en termes de professionnel, je voulais vraiment faire du journalisme depuis toute petite. J’étais  toujours très curieuse et intéressée par le monde, voir comment contribuer... Et ensuite, comme je disais, la passion pour le cinéma et les séries arrivait plutôt au lycée. Et c'est là que je me suis dit : “ah, c'est peut-être ça”. Après, ça me paraissait tellement lointain. Ça me paraissait, en France surtout, on a vraiment ce truc de, voilà, il faut faire les études pour, il faut être...

 

[04:52] - Nora

Moi, je me dirigeais vers Sciences-Po comme j'ai fait pour faire plus du journalisme ou de la recherche. J'étais très intéressé par le Moyen-Orient aussi. Et donc, du coup, le cinéma paraissait un rêve un peu inaccessible.

[05:04] - Michelle

Growing up, Nora wanted to be a journalist. She was curious about the world, and wanted to make her own contribution. After discovering her love of storytelling, she thought maybe that was how she’d leave a mark. But when she got to University, she realised that these sorts of things weren’t so easy to figure out, and that kind of career felt a bit like a distant dream. 

Like a lot of young people, Nora was still figuring things out. But she knew she wanted to travel and go to the USA.

[05:35] - Shade

Super ! Et alors, maintenant, tu vis aux États-Unis ? Tu habites où exactement ?

 

[05:40] - Nora

J'habite à Brooklyn et j'étais à San Francisco avant ça, pendant plusieurs années. Je suis partie juste après la diplomation de Sciences-Po pour faire un stage à San Francisco. C'est là que ma vie a un peu changé là-bas. Et après, j'étais en France, aux Etats-Unis, un peu “on and off”, comme on dit. Et là, ça fait quatre ans que je suis à New York, à Brooklyn.

[06:04] - Michelle

After graduating from Sciences-Po, Nora applied for an internship in San Francisco and was accepted. She ended up living her dream and was able to stay in America. Today, she lives in Brooklyn, New York City. 

Now, I want to ask Nora what it was like leaving France for America.

[06:24] - Shade

Comment c'était, de partir de la France pour aller vivre à San Francisco ?

 

[06:31] - Nora

C'était très excitant. J'avais vraiment envie de partir aux Etats-Unis, ça a changé ma vie. Ça paraît vraiment cliché ou stéréotypique de dire ça, surtout que, voilà, je ne suis pas naïve sur ce qui se passe aux Etats-Unis. Je ne sais pas même combien de temps j’y resterai. C'est quand même un pays très compliqué, mais à l'époque, voilà,  j'avais envie de partir. J’avais envie de voyager.  J’avais regardé trop de films et de séries et ça me paraissait l'Eldorado.

[06:56] - Michelle

Nora was really excited to move to San Francisco. Though she knows things in the US can be complicated, she wanted to travel there as she was inspired by all the movies growing up. To her, the USA was El Dorado – The City of Gold, a dream that was larger than life. 

 

[07:14] - Nora

Donc juste le fait d'avoir pu le faire, c'est un rêve spécifique. Et comme je disais maintenant, je suis un peu revenue de beaucoup de désillusions et je ne suis plus naïve sur la question. Mais, je suis quand même heureuse de pouvoir faire une carrière aux Etats-Unis. Ce n'est pas donné à tout le monde et c'est un privilège énorme d'avoir pu faire ça, donc. Mais à l'époque, oui, c'était complètement... Surtout 2011, Silicon Valley, débarquer à San Francisco.

[07:43] - Nora

C'était très différent de maintenant, on était encore… Voilà, c'était encore l'Eldorado. Il y avait eu, bien sûr, la crise économique de 2008. Mais justement, les gens reprenaient confiance. Il y avait beaucoup d'ambition, beaucoup de choses qui se passaient à ce moment-là, qui étaient assez uniques. Et le fait d'avoir pu être au milieu de ça, c'était vraiment quelque chose que je n'aurais pas du tout imaginé en France. Ce n'était pas ce à quoi je me destinais non plus, donc.

[08:13] - Michelle

Nora feels like moving to San Fran and New York allowed her to be around so many other creatives who had big dreams and ambitions. Her experience was something she couldn’t have imagined in France. It was truly like El Dorado for her. 

However, not everything about the USA was shiny and glamorous for Nora. France does lean towards a more socialist system with free healthcare and free university, whereas America is famous for its capitalism.

So, I want to find out what culture shocks Nora experienced during her first few years.

 

[08:47] - Shade

Et quels sont deux des plus gros chocs culturels que tu as vécus en arrivant aux États-Unis ?

 

[08:56] - Nora

Euh, les deux plus gros chocs culturels… Je dirais que mon point de vue des relations humaines, c'est quand même très spécial pour moi. Il y a beaucoup… voilà, je dis toujours, ma théorie, enfin, ma vision du truc, c'est qu'en France, on met un peu de temps à se connaître. On est peut-être un peu bourrus au début, pas toujours accueillants, mais quand les liens se font, c’est réel, on sait que, voilà, les gens sont là, on va se revoir, etc.

 

[09:34] - Nora

Aux Etats-Unis, c'est très accueillant, poli, “amazing”, au “beginning”. Dès le début, tout le monde est super sympa. Tu peux passer une super soirée avec des gens, t’as l'impression, qu’ils sont devenus tes meilleurs potes, ou que tu… et en fait tu n’entends plus jamais parler de ces personnes-là. C’est vraiment très dans la tchatche, quoi. C'est aussi une manière d'interagir très différente, un peu plus superficielle, clairement. Après, bon, j'ai eu la chance d'avoir rencontré des personnes extraordinaires aux Etats-Unis et d'avoir fait des vraies rencontres.

 

[10:12] - Michelle

One of the biggest shocks for Nora was how friendly people are when you first get to know them. French people are more distant and don’t talk to strangers. Americans are more welcoming and polite at the start. 

That being said, Nora believes American relationships can be superficial – you can have a great night with someone and feel like you’re really close, then never hear from them again. 

[10:34] - Nora

Mais malgré tout, je pense qu'il y a une vraie barrière culturelle de ce côté-là. Pour moi, je l’interprète comme un peu une conséquence du capitalisme. J'ai l'impression que tout est tellement business. Tout est tellement transactionnel ici que les gens ne montrent pas vraiment leur vulnérabilité et sont plutôt “poker face”, comme on dit. Et donc c'est toujours un petit peu comme une transaction, alors que moi, j'ai l'habitude de gens un peu plus honnêtes avec les relations.

 

[11:10] - Nora

Et donc, du coup, forcément, la vulnérabilité crée plus d'intimité. C'est nécessaire, même.

[11:16] - Shade

Absolument, absolument.

[11:17] - Michelle

To Nora, Americans are less vulnerable with each other, keeping their ‘poker face’. For example, if things are going badly in life, you don’t go around telling everyone. And with business being really important in America, sometimes relationships could feel transactional. 

Business and careers aren't AS important in France. Sure, it’s important! But it’s not assumed to be the #1 priority in life. A lot of French culture revolves around little pleasures, such as a delicious meal, a good wine, or going for a beautiful hike.

Next, I want to find out what Nora’s been working on lately.

[11:57] - Shade

Bon, parle-nous un peu de ce que tu es en train de faire en ce moment. On sait que tu as un podcast. Alors parle-nous un peu de ton podcast et de ton travail et sur les projets que tu es en train de réaliser en ce moment.

 

[12:12] - Nora

Je produis et j'ai créé un podcast qui s'appelle Creative Distribution 101. C'est assez une niche, et en France, je ne sais même pas exactement à quel point ça pourrait servir. Mais aux Etats-Unis, on a une énorme partie de notre travail dans le cinéma, surtout le cinéma indépendant et les documentaires, qui est liée à ce qu'on appelle Impact Distribution. Et en gros, c'est tout ce qui est distribution stratégique en dehors des sentiers battus, en dehors des Netflix, HBO, PBS, etc..

[12:53] - Michelle

Nora’s podcast, Creative Distribution 101, is all about the work she’s doing as an impact producer. Basically, she makes sure that independent films and documentaries get seen by the right people.

 

[13:06] - Nora

Donc, il y a plein d'autres manières de distribuer son film et de créer de l'impact, que ce soit les projections dans les communautés, dans les nonprofits, dans les écoles, dans les entreprises. Il y a beaucoup de partenariats qui sont créés, beaucoup de façons de distribuer le film, de le vendre, de faire de l'argent, mais aussi de créer de l'impact, d'avoir des objectifs spécifiques pour les films à message. Et c'est un truc que les documentaires font beaucoup, mais aussi d'autres films maintenant, d'autres films à messages.

[13:35] - Michelle

Apart from making sure that films are seen and make money, this type of distribution is all about making sure it has an impact. It’s Nora’s work to find the right audience depending on the message and aim of the film. This can be through community screenings, nonprofits, schools, and businesses. 

 

[13:53] - Shade

Waouh, super, t'es vraiment en train de faire plein de choses.

 

[13:59] - Nora

Ben, le podcast, c'est plus un passion project parce qu'à côté, j'ai quand même comme je disais, mon job. Je travaille pour plusieurs films, mais principalement là, un film qui s'appelle A Fine Line, sur les femmes chefs et restaurateurs. Et c'est un super film, créé par Joanna James. Et ça fait trois ans qu'on bosse ensemble. Elle a maintenant une non-profit, une ONG qui est tirée du film pour aider les femmes dans la restauration, les femmes chefs comme Dominique Crenn, des femmes, une Française chérie, et donc voilà, elle a beaucoup de projets là-dessus et je l'aide dans sa campagne avec d'autres films aussi.

[14:37] - Michelle

Nora is also working on a number of films. One is Joanna James’ A Fine Line, about women chefs and restaurant owners, including French favorite Dominique Crenn. Joanna also has an NGO, using the film to support women in the restaurant industry. 

Speaking of, I want to find out how Nora got to where she is. Did she have any challenges breaking into filmmaking as a French woman?

 

[15:02] - Nora

Oui, je pense qu'en tant que jeune Française, bon voilà, j'ai eu des barrières, comme beaucoup d'autres. Le fait de découvrir le milieu, surtout de ne pas avoir étudié ici, de ne pas avoir fait une école de ciné, de ne pas avoir le réseau, c'est-à-dire, je démarrais vraiment de rien. Je ne connaissais non seulement rien au milieu du ciné ou du documentaire, je ne connaissais personne dans ce milieu là non plus. J'ai dû faire un stage, j'ai fait un stage pour une boîte de production.

 

[15:35] - Nora

C'est comme ça que j'ai démarré. C’était un stage non payé. C'est une longue histoire, mais voilà, je ne peux pas dire non plus, à part ça, à part le fait d'avoir démarré de rien, parce que ce n'était pas mes études, ce n'était pas le réseau que je connaissais. Voilà, je reste quelqu'un de privilégié, donc je pense qu'il y a des histoires beaucoup plus complexes et compliquées que les miennes en termes de barrières à l'entrée.

[15:58] - Michelle

Since Nora didn’t study in the US and had no connections, Nora started from scratch with an unpaid internship at a production company. She also knew nothing about the industry or making documentaries. She’s gotten to where she is today through a lot of hard work and persistence. 

 

[16:14] - Nora

Et aussi, je n'étais pas à Hollywood, donc le milieu du documentaire, même si je pense qu'il est sexiste, comme tous les autres. C'était pas, voilà, du Harvey Weinstein, etc.. Je n'ai pas vécu ça. C'était un milieu vraiment assez indépendant. J’ai eu la chance de m'entourer de personnes comme Jennifer Steinman, qui était notre “éditeuse”, notre monteuse on dit (“editor”), qui nous a mentorées. Donc, il y avait des super femmes autour de nous qui nous ont pas mal aidées.

 

[16:49.] - Michelle

Nora believes that not being in Hollywood helped – although filmmaking is a sexist industry, she never met anyone like Harvey Weinstein. She also had a few great women as mentors which has really helped. 

[17:00] - Shade

Oui, absolument. Et qu'est ce que tu préfères dans le fait d'être réalisatrice de documentaires ?

 

[17:09] - Nora

Je dirais que le documentaire, c'est vraiment un milieu qui permet pour moi d'allier à la fois la passion du storytelling, du cinéma, la version artistique et du journalisme. Moi, je le vois comme ça. C'est une manière de rencontrer des gens dont on peut un peu raconter leurs histoires, mettre à jour des des situations dont il faut parler. C'est vraiment raconter les histoires et découvrir et mettre à jour des situations qui devraient être connues.

 

[17:42] - Nora

Pour moi, c'est la partie journalistique qui compte pour moi, qui a toujours été importante et qui est la raison pour laquelle je voulais faire du journalisme. Mais à côté, avoir aussi cet aspect artistique et cinématographique et voilà, créer un film, faire partie du beau métier du cinéma, comme on dit en France. 

[18:03] - Michelle

Nora loves how documentaries allow her to combine her passions for storytelling, cinema, and journalism. It’s a way to meet people, tell their stories a little, and uncover things that people should know about. 

[18:17] - Shade

Absolument. Et parlons un peu de She Started It. Ton projet. Est-ce que tu pourrais nous expliquer de quoi il s'agit et comment tu as eu l'idée de ce projet ?

 

[18:34] - Nora

She Started It, c'est un long métrage documentaire sur les femmes entrepreneurs. Ça, c'est le pitch rapide et on a réalisé et produit le film avec Insiyah Saeed, une journaliste américaine. C'était une aventure énorme. On a filmé pendant trois ans. Il a suivi cinq jeunes femmes, principalement deux personnages principaux, Thuy Truong, qui était vietnamienne et Stacey Ferreira, et trois autres jeunes femmes, Agathe Molinar en France. Brienne Ghafourifar aux Etats-Unis et Sheena Allen dans le Mississippi, aussi aux Etats-Unis. Donc, on les a suivies pendant trois ans, principalement Thuy et Stacey, et on a suivi tout, voilà, le roller coaster entrepreneurial comme je dirais. Et on a aussi interviewé beaucoup d'experts, de fondatrices, de gens comme voilà, Megan Smith qui était la CTO Etats-Unis sous Obama. Beaucoup de gens qui pouvaient donner un peu une big picture de ce qui se passait aux Etats-Unis, dans le milieu de la tech et de l'entrepreneuriat. 

 

[19:35] - Nora

Mais avant tout ça reste ce qui était très difficile. C'est pourquoi je pense qu'on est le seul film encore aujourd'hui qui ait fait ça, parce que c'était très difficile de suivre des gens dans leur aventure entrepreneuriale sur le long terme. C'est des métiers compliqués qui bougent beaucoup et on a vraiment voulu montrer behind the scenes d'un point de vue féminin parce qu'à l'époque, il n'y avait pas vraiment d'histoires d'entrepreneuses féminines.

[19:59] - Michelle

She Started It is a documentary about female entrepreneurs. Nora worked with an American journalist, Insiyah Saeed, to direct and produce the film. They spent three years following five women and interviewed experts, founders, and others to give a bigger picture of the tech and entrepreneurial world. Nora says they wanted to show behind the scenes from a female point of view since, at the time, these stories weren’t being told.

Now let’s ask Nora what type of mindset you need to have in her line of work.

[20:32] - Shade

Wow, super ! Vraiment un projet intéressant et très inspirant pour toute la communauté des femmes dans le monde des start-ups ou même celles qui veulent s'introduire dans le monde des start-ups. Et tu es aussi journaliste, alors on aimerait bien savoir quel type de mentalité est-ce que tu penses qu'on a besoin pour devenir journaliste ? Comment est-ce que tu restes concentrée, positive et confiante ?

 

[21:02] - Nora

C'est une bonne question ! Je pense que si on s'intéresse aux métiers du journalisme et du documentaire, par extension, je l'inclus parce que c'est un peu plus mon expertise de nos jours et je pense que c'est vraiment important d'être curieux, très curieux, de s'intéresser aux gens. Il faut aimer les gens, en fait. Ça paraît un peu à plat de dire ça, mais c'est vraiment un métier où il faut aimer les gens parce que c'est parler aux gens, découvrir leurs histoires, essayer de ne pas avoir de jugement ou d’idées préconçues et rencontrer beaucoup de gens. Donc, il faut avoir un peu d'intérêt pour les histoires humaines, en fait. Même, c'est primordial.

 

[21:44] - Nora

Je pense qu'il faut aussi avoir la peau dure parce que c'est des métiers difficiles, c'est sûr. Des métiers où rien n'est garanti, très instables. Surtout de nos jours, où on voit que le journalisme, ça devient compliqué. Le documentaire aussi. C'est un métier où il y a beaucoup… Il y a peu de ressources aux Etats-Unis, en tout cas, peu de ressources financières.

[22:05] - Michelle

To be a good journalist or documentary maker, you need to be interested in people. Talking to people, discovering their stories, and trying not to judge or let your preconceived ideas get in the way. You also need to be tough – it can be unstable work where nothing is guaranteed. 

 

[22:22] - Nora

Si on est journaliste indépendant et producteur indépendant de documentaires, ‘faut pas s'attendre à la stabilité. Donc il faut être OK avec l'imprévu, avec les obstacles, et c'est pour ça que c'est assez entrepreneurial comme métier, en fait.

[22:37] - Michelle

You have to be okay with the unexpected and with the obstacles. For Nora, being a journalist is actually quite similar to being an entrepreneur. 

 

[22:45] - Shade

Cool, cool. Je pense que c'est des conseils très réalistes et c'est important de, voilà, savoir la réalité des choses. Et ce que ça prend mentalement. Tu travailles dans plein de différents projets, comme on dit en français, tu portes plein de différentes casquettes. Comment est-ce que tu trouves le temps de tout faire ? Et est-ce que tu as des conseils, professionnels ou personnels, pour gérer plein de différents projets comme ça ?

 

[23:14] - Nora

Ça, je dois admettre que c'est une des choses sur lesquelles je dois travailler mieux : la gestion du temps. Donc je sais, je vais essayer de donner les conseils que j'essaie d'appliquer moi-même. Je dirais que c'est vraiment important d'avoir une liste de priorités parce que tout paraît important quand on est, voilà, en train de préparer un article, en train de lever des fonds pour un film, en train d'avoir une interview à gérer avec quelqu'un d'important le lendemain.

 

[23:41] - Nora

Toutes ces choses-là en même temps, surtout pour les gens qui travaillent sur plusieurs projets de films en même temps ou sur plusieurs histoires en même temps. Il faut vraiment garder en tête la liste des priorités et il y a des priorités très hautes et des priorités dont on se rend compte après que ce n'est pas des priorités, en fait. Et au fur et à mesure, on se rend compte plus facilement, voilà : qu'est-ce qui doit être fait maintenant ? Et ça, c'est quelque chose qui varie aussi. Donc parfois dans l'urgence, sous la pression, on devient bon à ça et ensuite ça passe et on devient un peu plus…laisser aller.

[24:15] - Michelle

Time management is still something Nora’s trying to perfect. One of the ways she’s trying to manage her work is creating a list of priorities, especially when she’s working on a number of projects and everything seems important. Over time, it becomes easier to decide what has to be done now, and what can be left for later. 

 

[24:34] - Nora

Donc, ça dépend des phases. Mais je dirais, définir les priorités, c'est très important. Et aussi, juste de s'accorder du temps pour le repos parce qu'en fait, avant quand je faisais le film, je travaillais en même temps pour deux autres… Voilà, je faisais du journalisme à côté pour L’Usine Nouvelle et AFP Services, et donc je travaillais tout le temps, en fait et je pense que c'est très important de privilégier un peu de repos. Et la santé mentale, ce n'est pas quelque chose qui me paraissait primordial à l'époque parce que c’était toujours, go, go go!

[25:10] - Nora

Il y a toujours des deadlines importantes. Le film est la priorité, mais en fait, ça joue vraiment sur la qualité du travail et sur la qualité des relations humaines. Il faut privilégier un petit peu, voilà, son bien-être mental pour pouvoir accomplir toutes ces choses. Ce n'est pas quelque chose que je privilégiais à l'époque, mais maintenant, je pense que c'est vraiment important.

[25:29] - Michelle

Another thing Nora recommends is rest. It may not seem important at the time, when you’re constantly on the go, but your mental health matters. There will always be important deadlines and if you don’t prioritize your wellbeing, you won’t be able to do your best work. 

Now, for my last question, I want to find out what advice Nora has for aspiring filmmakers.

[25:58] - Shade

Quel conseil donnerais-tu à quelqu'un qui voudrait devenir réalisateur ou réalisatrice ?

 

[26:04] - Nora

Le conseil que je donnerais, si quelqu'un veut se lancer dans la réalisation, c'est d'être vraiment curieux et persistant. Donc curieux, dans le sens où, en fait, il n'y a pas besoin d'aller dans un autre pays suivre l'histoire, voilà, d'autres personnes nécessairement, dont : qu’est-ce qui se passe dans ton quartier ? Qu'est ce qui se passe chez toi ? Qu'est ce qui se passe dans ta famille ? Qu'est ce qui se passe ?  Qu'est ce que tu peux filmer avec ton téléphone, avec une caméra pas chère ou empruntée ? Il y a plein de moyens de se lancer d'une manière peu coûteuse et vraiment d'avoir… de découvrir des histoires auxquelles on ne pense pas forcément, en fait. Tout le monde a une histoire et je pense que c'est ça qui débloque des portes d'entrée pour des gens qui démarrent, qui n'ont pas forcément beaucoup de ressources, et ensuite être persistant.

[26:54] - Michelle

Nora’s advice? Be curious. You don’t have to travel far away or have a lot of resources to find a story. Look what’s going on in your family, your neighborhood. What can you film on your phone, or a cheap or borrowed camera?

 

[27:07] - Nora

Parce que, comme je disais, c'est des métiers instables où on n'a pas beaucoup de moyens. En France, il y a peut-être plus de fonds publics. Mais dans l'ensemble, ça reste des métiers où il faut être persistant. Ça prend du temps. Il faut avoir aussi des plans B parce que, voilà, pendant qu'on fait un film, si ça met quelques années à trouver le financement ou à ce que l'histoire se développe… À côté de ça, il faut avoir d'autres projets pour pouvoir, voilà, maintenir la stabilité financière, mais aussi savoir qu'il y a toujours quelque chose qui peut démarrer à un moment ou un autre, selon ce qui se passe dans les news, selon l'actualité, et donc d'avoir plusieurs choses sur le feu, donc être curieux quoi, et persistant.

[27:45] - Michelle

You also need to be persistent and have a Plan B. These types of jobs are unstable by nature and it usually takes years to have your film financed or develop your story. 

[27:57] - Shade

Super ! Je pense que c'est des super conseils et j'espère qu’on aura des auditeurs qui s'intéressent à cette profession et qui vont bénéficier énormément de tes expériences et de tes conseils. Merci Nora, c'était vraiment super et voilà. Merci encore pour ton temps.

 

[28:14] - Nora

Merci beaucoup de m'avoir invitée.

[28:21] - Michelle

And that wraps up our interview for today! You can find Nora at www.norapoggi.com and see everything she’s been working on. 

And if you’d like to support the show, please leave a review. 

Thanks for listening – we’ll see you next week!